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INTERVIEW

Photos ci-dessus lors de l'enregsitrement. Avec sa femme Florence, et Franck Renaudier, réalisateur (Directeur de Gam Control Room Studio) et Sonia de Meglio, choriste

Ton premier album "Quelque Chose d’Eternel" a connu un franc succès. A-t-il été un tremplin ou un aboutissement ?
Un peu des deux, mais c’était surtout un essai. En fait, je n’avais pas prévu au départ de faire quelque chose en français, mais le fait d’habiter en Suisse Romande m’a conduit à le faire et ça a donné "Quelque chose d’éternel". Il n’y a rien de calculé dans tout ce qui s’est fait, et j’en suis très satisfait.
 
Est-ce que cela a changé quelque chose dans ton ministère ?
Oui, ça a vraiment tout changé ! Parce qu’un autre univers s’ouvrait devant moi : celui de la francophonie. La louange francophone et tout ce qui concerne la francophonie brûlent maintenant dans mon ceur.

Est-ce que cet album a changé ta place dans l’Eglise ?
Je me suis converti en Europe. Pendant 3 ans, j’ai cherché à connaître une relation avec Dieu, et à vivre une vie d’église. Je viens de la musique, mais pour entrer dans le groupe de louange, je suis presque passé par derrière. C’est le parcours, le cheminement qui a fait qu’on m’a établi conducteur de louange et que je fais aussi partie des anciens de l’église.

Toutes ces expériences ont-elles modifié ta façon de composer ?
Pas vraiment la façon de composer, mais j’ai appris énormément dans l’écoute en général, dans ma manière de recevoir des chansons. Mon parcours de vie musical évolue avec ce que je vis. Quand je vois où en est la louange francophone et que je regarde ce qu’il reste à faire, ça, ça m’oriente. C’est pareil pour la musique francophone, j’étudie son état actuel et son évolution.  

"Quelque Chose d’Eternel" était surtout un album de louange, qu’en est-il de "Je ne suis pas d’ici"?
C’est aussi un album de louange mais son but est d’influencer positivement la musique dans les églises. Ce ne sont pas que des chants d’église, c’est un peu différent et ça change de ce que l’on entend habituellement.

Ils peuvent être repris en assemblée ?
Quelques-uns sont faits pour ça, mais, comme je l’ai dit, de manière à apporter quelque chose de neuf. L’idée, c’est de surprendre et en même temps de donner de super chansons.

Les titres de tes deux albums "Quelque Chose d’Eternel" et "Je ne suis pas d’ici" semblent montrer ton intérêt pour le Royaume de Dieu. D’où cela vient-il ?
Il y a quelque chose qui me frappe dans la Bible, c’est que le Seigneur parle surtout du Royaume de Dieu quand il enseigne. C’est quelque chose qu’il a à ceur. Je me suis dis que si je voulais connaître Dieu et apprendre à fonctionner avec Lui, il fallait que je sache ce qu’était le Royaume de Dieu et comment faire pour qu’il avance. C’est tout un monde, toute une mentalité, c’est toute une manière de faire que j’ai du apprendre et que j’apprends jour après jour.

Beaucoup d’espérance donc??
Oui c’est pour ça qu’on est là?! Le but, c’est aussi que l’Eglise et les gens autour puissent connaître et vivre le Royaume de Dieu. Je trouve que ça change tout de vivre le Royaume de Dieu. Ça ne reste plus qu’en espérance. Dans ce cas-là, c’est du concret.

La musique de "Je ne suis pas d’ici" semble travaillée pour sonner plus authentique …
En effet, je veux pouvoir reproduire l’album sur scène sans en perdre le son de départ. C’est plus un album de type concert, malgré le fait qu’il soit composé de chants de louange. Le projet initial était de faire un album live, mais comme on n’a pas pu le faire, on s’est orienté vers un album studio conçu pour les concerts.


Quels styles y trouve-t-on ?
En fait il y a deux choses : trouver une identité francophone dans la musique pop-rock, parce c’est le pop-rock qui correspond le mieux aux chansons françaises. Puis amener ce qu’il n’y a pas, comme le reggae par exemple, … des styles qui ne sont pas forcément européens, mais qui savent faire vibrer d’autres francophones.

Qu’est-ce que tu voudrais dire avec cet album ?
Le message principal, c’est de se préparer à recevoir Dieu. Je me sens interpellé par le début d’Esaïe 60, repris dans une des chansons, qui annonce la visitation de Dieu à Jérusalem. Moi, je le prends aussi pour la francophonie. Je sens que c’est le temps de Dieu pour la francophonie et quand Dieu veut visiter un pays ou une personne, il envoie des messagers pour préparer les ceurs. C’est annonciateur de sa visite prochaine. Je voudrais revenir au titre "Je ne suis pas d’ici"?: nous sommes sur terre, mais il ne faut pas perdre de vue que nous sommes citoyens du ciel. On fait un voyage, il s’agit de ne pas rater le train et de pouvoir arriver à bon port, dans le ciel, dans la présence de Dieu.

L’enregistrement de cet album a été difficile…
C’était difficile à tous les niveaux en fait. Déjà le projet a été mené sur une très longue période. L’écriture des chansons a été laborieuse. J’ai aussi eu un problème de voix important et je n’ai pas pu chanter pendant presque trois ans. Le projet live a été annulé à cause de ça justement. Franck (NDLR?: Franck Renaudier, directeur artistique) m’a beaucoup accompagné dans cette période. Il est arrivé des tas de choses à Fred (NDLR?: Fred Grail, arrangeur) pendant qu’il faisait les arrangements. C’était aussi difficile parce qu’on n’avait pas toujours la même manière de voir les choses.

Qu’est-ce que cela t’a apporté ?
J’ai découvert que l’ennemi ne s’attaque pas forcément à nous, mais aussi à notre destinée, parce qu’il se rend compte de sa portée et que les résultats vont le gêner. Il s’est attaqué à mes faiblesses, pour moi ma voix et ma santé, pour arrêter ma destinée. Grâce à Dieu, il n’a pas réussi. Puis j’ai appris à laisser Dieu agir sans que j’aie à convaincre qui que ce soit. Il fallait faire confiance. J’ai dû laisser plein de choses de moi et c’est quelque part comme un brisement. Mais tout ce qui est brisement nous fait grandir et nous aide pour la suite. Et le résultat en valait la peine. Ca vaut vraiment le coup de   passer par là.

Tu veux dire que l’album ne te ressemble pas ?
Les chansons, je les ai écrites, et je les ai vécues. C’est vraiment "moi". Après, pour la façon d’habiller la chanson, c’est du travail d’arrangeur. Et je dois dire que je suis super content du travail de Fred à ce niveau, parce que je n’aurais jamais pu faire pareil. On a eu une discussion avant de commencer à travailler?: il m’a décrit comment lui il me voyait. Cet échange a fait qu’on allait dans la même et la bonne direction.

Et comment est-ce qu’il te voit ?
Justement, pour Fred, je suis quelqu’un de la scène, plutôt qu’un conducteur de louange. Je lui ai répondu que ma vie, c’est d’être conducteur de louange. Je suis né artiste (NDLR : Rija est le fils d’un chef de cheur, et est lui-même extrêmement populaire à Madagascar) et je suis formé conducteur de louange. Fred considérait qu’il fallait insister plus sur le côté concert. J’aime cet équilibre : un temps dans l’église et un temps en concert.

Le mot de la fin ?
Le Royaume de Dieu doit être vécu maintenant. Le passage de Luc 17:20 nous rappelle que "le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards". Le fait d’être vu, de faire des concerts ou des choses comme ça, c’est très bien, mais la démonstration du Royaume de Dieu, c’est dans la vie de tous les jours. Ces notions de justice et de vérité sont capitales. Ce sont les fondations de ce qui va arriver et c’est aussi pour aujourd’hui.
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